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Uma abordagem ao acompanhamento a pessoas, por André Chauvet

Une approche délibérative, coopérative et stratégique de l’accompagnement

(texto de autoria de André Chauvet)

  • Philosophie et principes d’action

1-1 Une philosophie

Accompagner c’est mettre en œuvre ce à quoi on croit, qui nous guide dans notre action. C’est faire vivre une conception de la personne :

  • La présomption de ressources et la personne capable

Nous faisons ainsi référence à l’homme capable et vulnérable, cher à Paul Ricœur. Cela suppose une centration sur ce qu’il peut mobiliser (qui peut être invisible à ses propres yeux) plus qu’à ses déficits ou manques éventuels qu’il s’agirait de compenser.

  • Une personne reliée aux autres, sociale, solidaire susceptible de donner son appui et de bénéficier de soutiens. Ce qui la protège de la solitude et lui permet de contribuer à sa mesure pour faire « société ».
  • Une approche globale de la personne, située et intégrée dans un environnement, non réductible à son âge, son statut, son sexe, ses difficultés ponctuelles mais personne entière pouvant exercer sa liberté, s’émanciper de ses contraintes et bénéficier de ses droits.

1-2 Une conception de l’accompagnement

Les finalités de l’accompagnement

Si accompagner c’est apporter un appui permettant à une personne de faire quelque chose qu’elle ferait plus difficilement sans cet accompagnement, la nature de cet appui est essentielle à définir. Il ne s’agit pas de faire à sa place, de se positionner en expert, de se substituer à elle en raison d’une vulnérabilité passagère.

Il ne s’agit pas non plus de la renvoyer à son libre arbitre car elle peut être démunie dans sa décision au regard d’une difficulté de compréhension des ressources que l’on met à sa disposition. Ou pour toute raison propre à cette personne dans cette situation.

Il s’agit bien de permettre à la personne :

  • D’exercer la liberté de vivre une vie qui a de la valeur à ses propres yeux
  • De connaître les droits qui sont les siens mais de les rendre effectifs dans sa propre situation
  • D’exercer un pouvoir d’agir à sa mesure et dans sa situation
  • De préserver les équilibres auxquels elle tient (écologie personnelle)
  • De faire des essais, de s’ouvrir à des possibles, de prendre des risques acceptables et de juger elle-même des bénéfices obtenus ou déséquilibres créés
  • De découvrir plusieurs points de vue et de de changer de points de vue si nécessaire pour elle.

Des principes

Intervenir en tant que professionnel de l’accompagnement dans ce cadre, c’est accepter :

  • Que ce processus ne soit pas linéaire
  • Que ce qui va advenir ne soit pas prédéterminé
  • Que les hypothèses soient construites dans la collaboration, chemin faisant
  • Que la personne demeure experte de sa situation, partie prenante et libre de ses options et décisionnaire
  • Mais que l’appui que lui est proposé rende cette responsabilité accessible et mobilisatrice et non terrifiante ou culpabilisante

Cela suppose d’intégrer l’itérativité et la surprise du « cheminer ensemble », de coopérer dans le processus.

  • Une pratique de l’accompagnement

Pour éclairer les pratiques réelles, on peut décliner cette philosophie, cette approche et ces différents principes autour de trois thèmes : un processus, une posture et un professionnalisme

2-1 Un processus

Le terme s’entend comme un « cheminer ensemble » en intégrant les détours et les surprises et par opposition à une procédure qu’il suffirait de reproduire pour garantir le résultat. Le processus d’accompagnement suppose :

  • Un modèle holistique, global, systémique
  • Une logique d’équilibre à trouver et de dynamique à impulser plus que de résultats à atteindre à court terme. Cela ne signifie pas que le souci de l’efficacité et de l’efficience ne guident pas l’action. Mais le destinataire du service est bien la personne dans sa singularité.
  • Une valorisation du pouvoir de l’action (le premier pas, le Kaizen), de la contribution et de l’initiative
  • Une approche ouverte permettant à la personne d’élargir ses perspectives
  • Une valorisation de ses ressources plus qu’une identification de ce qu’il faut compenser
  • Une mise à disposition des ressources les plus pertinentes dans la situation de la personne accompagnée
  • Un recours au soutien social et à l’exercice de la solidarité

2-2 Une posture

  • L’accompagnateur garantit la qualité et la pertinence du processus méthodologique proposé, négocié, délibéré
  • Il ne cherche pas à exercer son pouvoir d’expertise pour amener la personne à adopter son point de vue
  • Il a conscience d’avoir des ressources ou d’autres points de vue à mettre à la disposition de la personne
  • Les expertises sont constamment négociées
  • Il vise collaboration, co construction et délibération
  • Il propose des régulations continues dans l’avancée du processus
  • Il structure, soutient, outille, incite, éclaire
  • Il s’implique en tant que personne dans cet accompagnement tout en clarifiant ce qui est de l’ordre de son métier et des limites propres au dispositif dans lequel il intervient

Dans tous les cas, la personne est experte de sa situation.